
Interpellation
Vous êtes les bienvenus chez la Fondation Papa Muilu Pila
Unité
Elle symbolise la cohésion et la collaboration entre les membres de l'organisation, les bénévoles, et les communautés qu'elle sert ; Cette solidarité permet de maximiser l'impact des actions menées et de surmonter les défis plus efficacement avec un travail d’équipe pour l’atteinte des objectifs communs, promouvoir les droits humains et la défense de causes sociales.
Cohérence
Elle se traduit par l'alignement entre les valeurs, les missions et les actions de la Fondation afin de maintenir une stratégie claire et des objectifs alignés, assurant que toutes les initiatives et projets soutiennent les mêmes principes fondamentaux. Cela inclut la transparence dans la communication, la responsabilité dans l'utilisation des ressources, et la constance dans l'engagement envers les causes défendues.
Succès
Il s'agit de mesurer l'impact positif des actions menées pour atteindre les objectifs humanitaires ou sociaux de la Fondation ; afin d’améliorer des conditions de vie des bénéficiaires, la réalisation de projets de développement durable, ou encore la sensibilisation et la mobilisation autour de causes importantes.
Plaidoyer pour une politique nationale des addictions
Il est temps d’adopter une stratégie nationale coordonnée, basée sur la prévention, le soin et la réinsertion sociale.
Les décisions ponctuelles ne suffisent plus.
I. Contexte général et justification
La santé publique est aujourd’hui confrontée à de multiples défis, dont certains restent sous-estimés malgré leurs conséquences sociales, économiques et sanitaires profondes. Parmi ceux-ci, la consommation de substances addictives, telles que le tabac, l’alcool et les drogues illicites qui constitue une menace silencieuse mais persistante.
Des milliers de nos concitoyens souffrent d’addictions chroniques. Les jeunes, en particulier, sont de plus en plus exposés à ces substances dans un contexte de désœuvrement, de précarité sociale et d’absence de mécanismes adéquats de prévention et de prise en charge.
Face à cette situation, il est urgent de soulever, ici et maintenant, une question fondamentale : quelle stratégie nationale est mise en œuvre pour encadrer, accompagner et soigner les personnes victimes de tabagisme, d’alcoolisme ou de toxicomanie ?
II. État des lieux et chiffres alarmants
Selon les données récentes de l’OMS et d’enquêtes nationales menées en milieu scolaire et urbain, il apparaît que :
Le tabagisme est en hausse chez les jeunes de 15 à 24 ans, avec une initiation souvent précoce dès l’âge de 12 ans.
La consommation excessive d’alcool, y compris les boissons artisanales non contrôlées, entraîne des cas croissants de cirrhoses, d’accidents domestiques et de violences.
Les drogues illicites, notamment le chanvre indien, le tramadol, les solvants ou la cocaïne, sont en circulation active, particulièrement dans les milieux défavorisés.
Il est manifeste que ces formes de dépendance sont des maladies chroniques et complexes, qui appellent une réponse multisectorielle et humaine, au-delà de la simple répression.
III. Faiblesses des dispositifs actuels
Malheureusement, notre système de santé publique ne dispose pas encore d’un programme national structuré de lutte contre les addictions, ni d’un cadre législatif suffisamment protecteur et thérapeutique.
Peu de centres spécialisés existent pour accueillir et accompagner les personnes dépendantes. Ceux qui existent sont souvent mal financés, sous-dotés et dépourvus de personnel formé à l’addictologie.
L’absence d’une politique de réinsertion laisse les personnes dépendantes livrées à elles-mêmes, sans accès à l’emploi, au logement ou à un accompagnement psychosocial durable.
La stigmatisation sociale empêche souvent les familles et les victimes de chercher de l’aide, aggravant l’isolement et la rechute.
IV. Propositions pour une prise en charge holistique
Face à cette urgence sanitaire et sociale, je propose que l’Assemblée interpelle le Gouvernement sur les points suivants, en vue de bâtir une stratégie nationale intégrée de prévention et de prise en charge des addictions :
Création de centres multidisciplinaires de soins en addictologie, dans chaque province, avec un personnel qualifié et une prise en charge accessible à tous.
Renforcement de la formation des professionnels de santé sur les questions d’addiction : médecins, infirmiers, psychologues, assistants sociaux.
Campagnes nationales de sensibilisation, notamment dans les écoles, les milieux professionnels et les quartiers populaires, pour prévenir l’initiation à ces substances.
Intégration d’un module d’éducation à la santé mentale et à la prévention des addictions dans les programmes scolaires.
Collaboration avec les ONG, églises, et associations communautaires, afin de renforcer l’ancrage local de la prévention et des soins.
Mise en place d’un fonds spécial pour la lutte contre les addictions, alimenté notamment par une taxation renforcée des produits de tabac et d’alcool.
V. Dimension juridique et protection des droits humains
Il est aussi impératif de rappeler que toute personne souffrant d’une addiction ne doit pas être criminalisée, mais considérée comme un malade nécessitant des soins. À ce titre, je propose :
Une révision de la législation actuelle, afin d’orienter les personnes toxicomanes vers les structures de soins plutôt que vers les institutions pénitentiaires.
La promotion d’une approche fondée sur les droits humains, respectueuse de la dignité des personnes dépendantes, y compris en milieu carcéral.
VI. Impact socio-économique et nécessité d’investir
Les addictions coûtent cher à la société. En termes de productivité perdue, de soins médicaux, d’accidents, d’actes de violence, et de désintégration des familles. Un investissement dans la prévention et la prise en charge des addictions est donc rentable à moyen et long terme.
Nous devons rompre avec une logique punitive inefficace, et investir dans une politique de santé publique bienveillante, inclusive et durable.
VII. Appel solennel au Gouvernement
Au regard de ce qui précède, je lance un appel solennel au Ministre de la Santé, au Ministre de l’Intérieur, au Ministre de l’Enseignement, ainsi qu’à toutes les parties prenantes concernées, pour :
Élaborer un plan d’action national sur les addictions, avec des objectifs clairs et mesurables.
Inscrire une ligne budgétaire spécifique dans la Loi de Finances pour 2026, destinée à financer la prévention, la prise en charge, et la réinsertion des personnes dépendantes.
Renforcer la coopération interinstitutionnelle entre les secteurs de la santé, de l’éducation, de la justice, de la jeunesse et des affaires sociales.
Favoriser l’implication des parlementaires dans le suivi de la mise en œuvre de ces mesures à travers leurs circonscriptions respectives.
VIII. Conclusion
Ce combat contre les addictions ne concerne pas uniquement une frange marginale de la société. Il nous concerne tous. Il interpelle notre humanité, notre responsabilité collective et notre vision de la santé publique.
Il est temps que notre pays sorte du silence et de l’indifférence sur cette question. Il est temps d’agir, avec courage et compassion. Parce que derrière chaque dépendance, il y a une souffrance. Et derrière chaque souffrance, il y a une vie qui mérite d’être sauvée.
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